Depuis sa création en 2010, la SLS a littéralement révolutionné l’approche compétitive du skateboard. Cette ligue professionnelle a réussi un tour de force : transformer une culture initialement underground en un show mondial, tout en préservant l’essence créative et hautement technique du street. Pour le puriste comme pour le néophyte, comprendre le fonctionnement de la SLS ouvre les portes d’un univers où performance technique et expression artistique se conjuguent à haut niveau.
Qu’est-ce que la Street League Skateboarding (SLS) ?
La Street League Skateboarding est LA référence professionnelle du skateboard en street. Cette compétition internationale réunit l’élite mondiale dans un format standardisé où prime la technicité pure et la constance. Oubliez les contests chaotiques ; la SLS, c’est une approche structurée avec des règles précises et un système de points objectif.
Le concept ? Un environnement clinique et équitable pour que chaque skateur puisse s’ exprimer à son plus haut niveau. Les skateparks sont conçus méticuleusement, offrant ce qui fait de mieux en module de street: rails très engagés, ledges parfaits, marches et gaps, offrant un terrain de jeu qui se rapproche le plus du skate de rue et optimisé pour repousser les limites.
Plus qu’une compétition, une révolution du skate
Le résultat de cette équation ? Une plateforme médiatique à succès, retransmise mondialement devant des millions de spectateurs (en live ou derrière un écran), qui a popularisé et professionnalisé grandement la discipline. Cette évolution a évidemment attiré sponsors et partenaires, créant un écosystème stable où les prize money permettent enfin aux skateurs pros de vivre plus sereinement de leur passion tout en repoussant les limites techniques de leur discipline.
Le skate à son plus haut niveau
Le casting de la SLS ne fait pas dans la figuration : la sélection reflète l’élite mondiale absolue du skateboard . Pour espérer intégrer ce circuit, les skateurs doivent prouver un niveau technique exceptionnel et, surtout, une capacité en béton à performer sous pression. Cette sélection ultra-rigoureuse garantit un spectacle où chaque run peut potentiellement redéfinir les standards de la pratique.
En reproduisant fidèlement l’environnement urbain dans lequel le skate de rue est né, la ligue préserve l’authenticité et l’ADN de la discipline, tout en offrant des conditions optimales aux skateurs.
Comment se déroule une étape de la SLS ?
Le format SLS se distingue par une structure en deux phases distinctes, chacune évaluant un aspect différent du talent du rider. Cette approche permet de couronner les skateurs les plus complets : ceux capables d’exceller en run mais aussi dans l’exécution de tricks techniques et engagés.
Cette scission crée un rythme haletant qui maintient la foule sous tension, tout en laissant aux skateurs le temps de se concentrer. C’est une progression logique, du général vers le spécifique, qui reflète parfaitement la philosophie du street.
La section « Line » : exprimez votre style en 45 secondes
Durant cette première phase, le chrono met les riders sous pression. Chaque skateur a exactement 45 secondes pour enchaîner une ligne à travers le park. Ici, les juges évaluent la créativité, le flow entre les transitions, l’originalité de la line et la qualité d’exécution globale.
Le choix de stratégie est essentiel: faut-il privilégier un run sécurisé avec des figures maîtrisées ou tenter des tricks plus engagés qui peuvent rapporter gros ?
Chaque rider a droit à deux tentatives pour poser son run et ajuster le tir. Cette organisation offre un équilibre entre la pression du direct et la possibilité de rebondir après un échec.
La section « Single Tricks » : quitte ou double
Cette seconde phase est l’heure de vérité. Chaque skateur dispose de cinq tentatives pour envoyer le trick le plus engagé sur le module de son choix. Cette section récompense l’audace, la technicité pure et la capacité à réussir sous pression des tricks d’une difficulté extrême.
L’aspect psychologique prend ici une dimension capitale. Les riders doivent lire le classement en temps réel et adapter leur approche : sécuriser des points en assurant un figure maîtrisée ou viser gros sous une pression écrasante. C’est précisément là que la magie opère et que les skateurs les plus talentueux et engagés marquent l’histoire.
Décrypter le système de notation pour mieux suivre la compétition
Un panel de juges issus du milieu pro décortique chaque trick sur une échelle de 0 à 10, offrant une transparence totale au public en temps réel. Ils scannent la difficulté technique pure (pop, rotations, complexité). L’originalité, l’esthétique du mouvement, l’adaptation parfaite au module et la propreté de la réception pèsent lourd dans la balance.
Comment les juges évaluent-ils un trick ?
Le système de notation de la SLS, appelé « Instant Scoring Experience », combine plusieurs critères :
- La difficulté technique : hauteur du saut (ou pop), nombre de rotations, complexité du trick ou de la réception influencent directement le score. Les juges considèrent également le style d’exécution, le flow et l’originalité de l’approche.
- La qualité de la réception : un trick même difficile perdra des points s’il est mal plaqué. Cette exigence pousse les skateurs vers une maîtrise complète de leurs figures, où la perfection technique s’accompagne d’une beauté gestuelle.
- L’adaptation du trick à l’obstacle choisi : une figure parfaitement exécutée mais inadaptée au spot recevra une note moindre qu’ un trick moins complexe mais parfaitement en harmonie avec l’architecture du module.
Le « 9 Club » : qu’est-ce que ça veut dire et pourquoi c’est si important ?
Et puis, il y a le « 9 Club ». Le Panthéon. Décrocher un 9.0 ou plus, c’est signer une pièce d’orfèvrerie rarissime combinant innovation et exécution parfaite. Ces scores-là transcendent la simple compétition : ils électrisent la foule, gravent les mémoires et repoussent les standards de la culture pour les générations futures.
Atteindre ce niveau de notation demande généralement de combiner innovation, maîtrise technique parfaite et exécution sous pression. Cette rareté explique pourquoi chaque trick du 9 Club génère des réactions passionnées du public et marque durablement les carrières des riders.
Ginwoo Onodera est devenu, en 2026 à Sydney, le premier skateur à obtenir un score de 9 ou plus sur ses sept tentatives lors d’une même finale.
- Ligne 1 : 9.1 | Ligne 2 : 9.4
- Tricks individuels : 9.1, 9.2, 9.5 (score le plus élevé), 9.0, 9.2.
- Total : 37.3 (performance masculine historique).
Le calcul du score final : une stratégie à part entière
L’addition est mathématique mais hautement stratégique. Le score final combine les deux sections : pour la « Line », seule la meilleure des deux tentatives est gardée ; pour les « Single Tricks », les quatre meilleures notes sur les cinq sont comptabilisées. Cette mécanique valorise la régularité tout en offrant un joker.
Ces règles dictent la stratégie. Les riders doivent jouer avec le classement, leurs points forts et leur goût du risque. Cette dimension fait de la SLS une discipline mentale impitoyable. Impossible de miser sur deux gros tricks pour gagner ; il faut un bagage technique complet et une capacité d’adaptation à chaque instant.
Critères de jugement (pondération 2026)
| Catégorie | Pondération | Facteurs clés |
| Difficulté et Originalité | 50% | Complexité technique, utilisation des positions « switch » ou « nollie ». |
| Exécution et Style | 25% | Propreté de la réception, fluidité, esthétique du mouvement. |
| Utilisation du parcours | 25% | Prise de risque sur les obstacles (rails, gaps, hubs) et créativité. |

Pourquoi la SLS est-elle la référence incontournable ?
La SLS est devenue la référence des contests de skateboard parce qu’elle a su concilier le spectacle grand public avec le respect de l’authenticité de la pratique. Cette synthèse réconcilie puristes et néophytes. L’organisation quasi clinique offre des conditions de ride optimales, instaurant une fiabilité qui a attiré de gros sponsors et stabilisé économiquement le milieu.
Il ne faut pas s’y tromper : la reconnaissance olympique du skateboard doit beaucoup à la légitimation orchestrée par la SLS. En prouvant qu’on pouvait encadrer le skate sans le dénaturer, la SLS a écrit l’histoire. Pour la plupart des skateurs pros aujourd’hui, le circuit SLS est l’objectif suprême, un moteur d’émulation et une source d’innovation permanente pour la culture toute entière.
En route vers LA 2028
Le système de qualification pour les Jeux de Los Angeles 2028 a été officiellement annoncé en mars 2026, s’appuyant sur le World Skateboarding Ranking.
- Phase 1 (WST) : Du 11 juin 2026 au 31 mars 2028. Les athlètes accumulent des points lors des événements sanctionnés par World Skate (incluant les étapes SLS).
- Phase 2 (OQS) : Du 1er avril 2028 au 11 juin 2028. Les 44 meilleurs athlètes par discipline et par genre participent à une série finale pour déterminer les 22 qualifiés olympiques.
- Quotas : Maximum de 3 athlètes par nation, avec une place garantie par continent et pour le pays hôte.
Zoom sur la SLS 2026
Athlètes engagés
Pour la saison 2026 de la Street League Skateboarding (SLS), de nombreux skateurs et skateuses de renommée mondiale participent au championnat. Bien que la liste puisse légèrement varier d’une étape à l’autre (notamment grâce au système de « Wildcard » permettant à de nouveaux talents de se qualifier), voici les principaux athlètes engagés lors des premières étapes de l’année, notamment à Sydney (en février) et à Los Angeles (en avril) :
Catégorie Hommes :
- Ginwoo Onodera (Japon) : vainqueur de l’étape de Sydney, où il a marqué l’histoire en obtenant la note de 9 ou plus sur toutes ses tentatives.
- Juni Kang (Corée du Sud) : vainqueur inattendu de l’étape de Los Angeles (DTLA Takeover) pour sa toute première participation en SLS, après s’être qualifié via le Wildcard Jam.
- Nyjah Huston (États-Unis) : figure emblématique de la SLS, il a participé aux étapes de Sydney et de Los Angeles.
- Julian Agliardi (États-Unis), Giovanni Vianna (Brésil), Angelo Caro (Pérou) et Sora Shirai (Japon) : tous ont brillé lors de la finale de l’étape de Sydney.
- Jagger Eaton (États-Unis), Toa Sasaki (Japon), Alex Midler (États-Unis), Gustavo Ribeiro (Portugal), Aurélien Giraud (France), Dashawn Jordan (États-Unis), Chris Joslin (États-Unis) et Antwuan Dixon (États-Unis) : engagés et classés lors de l’étape de Los Angeles.
- Yuto Horigome (Japon) fait également partie de la liste officielle des têtes d’affiche régulières du circuit.
Catégorie Femmes :
- Rayssa Leal (Brésil) : vainqueur de l’étape d’ouverture de la saison 2026 à Sydney.
- Chloe Covell (Australie) : Vainqueur de l’étape de Los Angeles et arrivée troisième à Sydney, elle est une redoutable concurrente cette saison.
- Liz Akama, Coco Yoshizawa, Momiji Nishiya, Funa Nakayama et Yumeka Oda (toutes originaires du Japon) : engagées et classées lors de la finale très disputée de Sydney.
- Sky Brown (Grande-Bretagne), Daniela Terol (Espagne), Paige Heyn (États-Unis), Margielyn Didal (Philippines) et Shiloh Catori (États-Unis) : ont participé au circuit lors de la compétition de Los Angeles.
Spots SLS 2026
Pour la saison 2026 du Championship Tour de la Street League Skateboarding (SLS), le calendrier s’articule autour de sept étapes réparties à travers le monde :
Étape 1 : Sydney, Australie (14 et 15 février), qui s’est déroulée à la Ken Rosewall Arena
Étape 2 : Los Angeles, États-Unis (4 avril), sous le format événementiel « DTLA Takeover » aux Ace Mission Studios
Étape 3 : Côte Est des États-Unis (en mai), dont le lieu exact reste à confirmer, bien que les villes de Washington D.C., New York ou Boston soient pressenties
Étape 4 : Brésil (en août), dans une ville encore à déterminer
Étape 5 : France (en octobre), Paris, stade Roland Garros (comme en 2025)
Étape 6 : Japon (en novembre), dans une ville à déterminer
Étape 7 : São Paulo, Brésil (en décembre), qui fera office de grande finale de la saison en accueillant le prestigieux Super Crown World Championship
Calendrier SLS 2026
| Étape | Date | Lieu | Type d’événement |
| 01 | 14-15 février | Sydney, Australie | Ken Rosewall Arena (Ouverture de saison) |
| 02 | 4 avril | Downtown Los Angeles, USA | Ace*Mission Studios (Takeover) |
| 03 | Mai | Côte Est, USA | Takeover (Villes probables : DC, NYC, Boston) |
| 04 | Août | Brésil | Étape de la tournée de championnat |
| 05 | Octobre | France | Étape de la tournée de championnat |
| 06 | Novembre | Japon | Étape de la tournée de championnat |
| 07 | Décembre | Brésil (São Paulo) | Super Crown World Championship |
FAQ : tout savoir sur la Street League Skateboarding
Combien de skateurs participent à une compétition SLS ?
Le plateau varie selon les événements, mais généralement entre 20 et 30 skateurs de l’élite mondiale sont invités à participer à chaque étape.
Peut-on assister aux compétitions SLS en tant que spectateur ?
Oui, les events SLS sont ouverts au public avec billetterie. Elles sont également retransmises en direct sur diverses plateformes numériques.
Comment un skateur peut-il intégrer le circuit SLS ?
Il n’y a pas de passe-droit. L’invitation se mérite par les résultats en compétition, le classement mondial et des qualifications organisées en région.
Quelle est le prize money d’une compétition SLS ?
Les dotations totales peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars par événement, à se répartir selon le classement.
La SLS organise-t-elle des compétitions féminines ?
Absolument ! La SLS a développé un circuit féminin avec des compétitions dédiées, jouant un rôle clé dans l’explosion du skateboard professionnel féminin à travers le monde.


