Dans l’univers du surf et de la glisse, certaines histoires ressemblent à des contes. Celle de Quiksilver appartient à cette catégorie : le récit d’une petite idée née sur une côte australienne qui va devenir l’un des symboles les plus puissants de la culture surf mondiale, puis s’étendre aux montagnes et au bitume, avec le snowboard et le skate.
Pendant plus de cinquante ans, Quiksilver a accompagné les surfeurs, snowboarders et skaters les plus talentueux de la planète, tout en influençant profondément les codes esthétiques, techniques et culturels de la glisse.
La création de la marque Quiksilver
Quiksilver incarne dès l’origine l’essence de la culture surf : soif d’aventure, quête de la vague parfaite et lien viscéral avec l’océan. Née de l’idée d’Alan Green et John Law de créer le boardshort idéal pour les surfeurs, la marque répond à un problème très concret : à la fin des années 1960, les maillots classiques irritent, se déchirent et gênent les mouvements lors de la pratique du surf.
De cette frustration naît une innovation qui fera basculer l’industrie du surfwear et prouve qu’une passion authentique, guidée par une vision claire et le souci du détail, peut transformer un besoin technique en empire mondial sans renier l’esprit de liberté qu’incarne le surf.
Tout a commencé à Torquay en 1969
L’histoire de Quiksilver commence en 1969 à Torquay, sur la Gold Coast australienne, l’un des foyers de la culture surf. Dans une maison de vacances transformée en atelier, Alan Green et John Law lancent la marque.
Alors que le surf explose en popularité, les shorts de bain classiques ne suivent pas : pensés pour la plage, ils se déchirent et gênent les mouvements pour la pratique du surf. Green, déjà impliqué dans la fabrication de combinaisons et proche des pionniers de la glisse, voit une opportunité claire : créer des maillots conçus par des surfeurs, pour des surfeurs, et entièrement dédiés à la performance.
Le duo adopte une approche ultra-pragmatique : observer ce qui se passe dans l’eau, écouter les surfeurs, tester et retester chaque prototype. Cette philosophie « function first » deviendra l’ADN de Quiksilver.
Le boardshort qui a révolutionné le surf
Le premier boardshort Quiksilver incarne une rupture technologique. Là où les shorts de bain classiques gonflent, se déforment et provoquent des irritations et de l’inconfort, le boardshort Quiksilver est pensé comme un véritable outil technique.

Les innovations sont nombreuses pour l’époque :
- une braguette en Velcro, plus sûre et plus fonctionnelle que les lacets traditionnels ;
- des pressions métalliques renforcées pour éviter toute ouverture inopinée ;
- une coupe spécifique, avec l’entrejambes échancrées pensées pour libérer les mouvements ;
- des coutures renforcées aux points de tension, pour encaisser les wipeouts répétés.
Le choix des matériaux est tout aussi stratégique : tissus à séchage rapide, résistants au sel, au sable et au soleil, capables de garder leur forme au fil des sessions. Très vite, ces boardshorts se font remarquer dans le line-up, portés par les meilleurs surfeurs de l’époque, notamment des figures comme Mark Richards ou Gerry Lopez, qui contribuent à populariser la marque sur les spots les plus mythiques du globe.
Ce produit signature ne se contente pas de rendre les sessions plus confortables : il redéfinit la norme mondiale du surfwear. Le boardshort technique devient un standard, et Quiksilver s’impose comme le référent naturel pour les surfeurs exigeants.
Des athlètes devenus légendes
Le succès fulgurant de Quiksilver en Australie n’est que la première étape d’une expansion internationale spectaculaire. Dès les années 1970-1980, la marque se structure pour conquérir les marchés clés : États-Unis, Europe, puis le reste du monde.
La conquête du marché américain, et notamment des spots californiens et hawaïens, représente un tournant. En sponsorisant certains des meilleurs surfeurs du monde, Quiksilver s’assure une visibilité maximale sur le Championship Tour et dans les films de surf. Parmi les figures majeures associées à la marque, on retrouve notamment :
- Tom Carroll, double champion du monde (1983, 1984) et premier surfeur à signer un contrat majeur avec Quiksilver, qui contribue à faire entrer le surf dans une nouvelle ère professionnelle ;
- Kelly Slater, onze fois champion du monde, longtemps emblème de Quiksilver et multiple vainqueur d’épreuves estampillées Quiksilver Pro ;
- plus tard, des free surfers iconiques comme Dane Reynolds ou Mikey Wright, dont le style et les parts vidéo marqueront durablement l’imaginaire de la communauté surf.
- Robby Naish, légende des sports de glisse et ambassadeur historique, dont le parcours entre surf, windsurf et kitesurf a contribué à élargir l’aura de Quiksilver bien au-delà du surf traditionnel.
En Europe, l’implantation est tout aussi forte, avec des bases stratégiques en France, en Espagne et au Portugal, et un ancrage particulièrement solide sur la côte basco-landaise. Des surfeurs comme Jérémy Flores, l’une des grandes figures du surf français, deviennent des ambassadeurs reconnus de Quiksilver auprès du public européen.
Parallèlement, la marque étend progressivement son offre : combinaisons de surf, textiles techniques, accessoires, puis, via ses marques sœurs comme Roxy et DC Shoes, une présence renforcée dans le surf féminin et le skate.
Plus qu’une marque, un état d’esprit
L’influence de Quiksilver dépasse rapidement le simple cadre du produit pour toucher à la culture glisse dans son ensemble. La marque ne se contente pas d’équiper les surfeurs ; elle participe à définir l’esthétique, les valeurs et les ambitions de toute une génération de riders.
Cette influence s’exprime à travers :
- des films et séries vidéo devenus cultes, comme Moments ou de nombreux projets surf et snow mettant en scène Kelly Slater, Dane Reynolds, Craig Anderson, Jérémy Flores, Travis Rice et d’autres talents de la team ;
- l’organisation d’événements majeurs, de compétitions innovantes et de festivals mêlant surf, musique et art ;
- un travail de fond sur la narration, avec des documentaires dédiés à ses surfeurs, comme ceux consacrés à Tom Carroll ou Jérémy Flores.
La ligne directrice reste l’authenticité : Quiksilver ne cherche pas à plaquer un storytelling artificiel sur la communauté surf. La marque suit le mouvement, s’en inspire, lui donne des outils et une visibilité. C’est cette proximité avec les riders – pros comme amateurs – qui crée un lien émotionnel durable.
Quiksilver et le snowboard : la vague et la montagne
Lorsque Quiksilver se tourne vers le snowboard, la transition semble presque naturelle. Ce n’est plus seulement l’océan, mais aussi la montagne ; pourtant, la philosophie reste la même : glisser, tracer sa propre ligne, repousser ses limites.

Dès les années 1990, la marque développe des gammes dédiées au snowboard : vestes, pantalons, couches techniques et accessoires pensés pour encaisser froid, vent, chutes et grosses journées de poudreuse. Ces collections s’imposent rapidement sur les domaines skiables et dans les snowparks.
L’une des figures les plus emblématiques de cette histoire est Travis Rice, considéré comme l’un des meilleurs snowboarders de tous les temps. Quiksilver l’accompagne dans des projets qui redéfinissent les standards du snowboard moderne, des films ultra-produits jusqu’à la création du Natural Selection Tour, un circuit qui mélange freestyle et big mountain dans des lieux spectaculaires.
Autour de Travis Rice, une team snow solide se construit, avec des riders comme Todd Richards, Miles Fallon ou Bryan Fox mis en avant dans des productions tournés en Amérique du Nord avec le team Quiksilver.
En parallèle du snowboard, Quiksilver s’invite dans le ski freeride. La marque accompagne notamment le Français Candide Thovex, considéré comme l’un des meilleurs skieurs de sa génération, pendant près de deux décennies. De ses segments cultes dans les films soutenus par Quiksilver à ses exploits en backcountry, Candide contribue à associer durablement le nom de Quiksilver au ski de très haut niveau, aux côtés des plus grands snowboarders de la planète.
En montagne comme à l’océan, Quiksilver applique la même recette : soutenir des athlètes capables de repousser les limites de leurs disciplines, documenter leurs exploits et traduire ces expériences en des produits techniques performants.
Quiksilver et le skate : l’essor de la culture urbaine
L’entrée de Quiksilver dans le skate s’inscrit dans une continuité logique : après les vagues et la montagne, le bitume devient un nouveau terrain de jeu. Là encore, la marque s’appuie sur des figures iconiques pour affirmer sa légitimité.
Parmi elles, un nom domine : Tony Hawk. L’un des skaters les plus célèbres de l’histoire devient ambassadeur Quiksilver et participe à des événements spectaculaires, dont le Quiksilver Tony Hawk Show organisé au Grand Palais à Paris pour célébrer les 40 ans de la marque. L’événement réunit plus de trente riders du team (surf, snow, skate confondus), ainsi que des skaters de renom comme Andy McDonald, Kevin Staab, Jesse Fritsch, Sergie Ventura et Sandro Dias.
À travers ces collaborations, Quiksilver se positionne comme un acteur transversal de la glisse, capable de fédérer la culture surf, snow et skate au sein d’un même univers. L’association avec Tony Hawk, figure largement connue au-delà du skate grâce à ses exploits et à son impact dans la pop culture, permet à la marque de toucher un public bien plus large que les seuls pratiquants.
Cette présence dans le skate est renforcée par l’écosystème du groupe, qui intègre aussi DC Shoes, marque de référence du skate mondial.
Quel est l’héritage de Quiksilver aujourd’hui ?
Plus de cinquante ans après sa création, Quiksilver reste une référence incontournable dans le surf, le snowboard et le skate. L’héritage de la marque ne se limite pas à ses produits : il se lit dans la manière dont la glisse est perçue, vécue et racontée à travers le monde.
Plusieurs éléments clés résument cet héritage :
- l’innovation textile, du boardshort révolutionnaire des années 1970 aux équipements techniques actuels ;
- le rôle de pionnier dans la professionnalisation du surf, avec des contrats historiques comme celui de Tom Carroll ou la longue collaboration avec Kelly Slater ;
- la mise en avant de figures locales et internationales – de Jérémy Flores en France à Travis Rice en montagne – qui ont inspiré des générations entières de pratiquants ;
- une culture de marque forte, nourrie par des films, des compétitions, des festivals et des événements mêlant sport, art et musique.
Face aux enjeux contemporains – environnement, responsabilité sociale, durabilité – Quiksilver travaille désormais à conjuguer héritage et adaptation. L’océan et la montagne ne sont plus seulement des terrains de jeu : ce sont des écosystèmes à protéger. L’esprit d’innovation qui a guidé Alan Green et John Law à Torquay en 1969 demeure un atout essentiel pour continuer à faire évoluer la marque dans ce nouveau contexte.
FAQ – vos questions sur l’histoire de Quiksilver
Qui a fondé Quiksilver et quand ?
Quiksilver a été fondée en 1969 par deux surfeurs australiens, Alan Green et John Law, à Torquay, sur la Surf Coast de l’État de Victoria, en Australie.
Quelle a été la première innovation majeure de Quiksilver ?
La première innovation majeure de Quiksilver est un boardshort technique spécifiquement conçu pour le surf, doté d’une braguette en Velcro, de pressions renforcées et d’une coupe pensée pour la performance, qui va redéfinir les standards du surfwear dans les années 1970.
Que signifie le logo Quiksilver « The Mountain and the Wave »?
Le logo « The Mountain and the Wave » s’inspire de la célèbre estampe japonaise La Grande Vague de Kanagawa de Hokusai. Il symbolise la dualité entre la puissance de l’océan (la vague) et la quête de sommets et de dépassement (la montagne), unifiant surf, snow et esprit d’aventure.
Quels sont les athlètes les plus emblématiques du team Quiksilver ?
Parmi les riders les plus iconiques associés à Quiksilver au fil des décennies, on peut citer :
– en surf : Tom Carroll, Kelly Slater, Jérémy Flores, ainsi que des free surfers comme Craig Anderson et Dane Reynolds ;
– en snowboard : Travis Rice et une génération de riders mis en avant dans des projets comme Sequencer ;
– en skate : Tony Hawk, qui a signé plusieurs collaborations marquantes avec Quiksilver, notamment le Quiksilver Tony Hawk Show organisé à Paris.
Ces athlètes ont largement contribué à construire la légende Quiksilver et à faire de la marque un symbole incontournable de la culture glisse mondiale.


